La butte aux fées

Publié le par Lucie Trellu


Au détour d'un sentier, sur l'épaulement d'une colline, voici que j'aperçois un monticule niché entre les arbres. Tas de pierres parsemées de feuilles mortes et de mousse, petit univers zébré d'ombres sylvestres en cette fin d'après-midi. Il m'intrigue, me lance comme un appel. Je m'approche, m'arrête, m'accroupis et observe.

De l'immobilité naît le silence, et du silence, la patience.

Les ombres s'allongent, le froid s'installe à mes côtés et se joue de ma laine colorée. Et puis enfin, récompense de mon attente, un mouvement furtif derrière un tronc, au pied de la butte. Bruissements, murmures étouffés, une petite silhouette gracile chemine de mousse en feuilles, évitant soigneusement les pierres, certainement glacées.
Je ne la quitte pas des yeux, fascinée, me gardant bien de bouger ne serait-ce qu'un cil, et bientôt, tout aussi furtive, une deuxième suit, puis une troisième. De loin je ne les distingue pas nettement et pourtant leur beauté et la fraîcheur de leurs traits tranche sur le fond automnal de la scène. Trio émissaire du printemps à venir, elles commentent sans doute la force intérieure des premiers bourgeons, confortablement assises sur leur divan de mousse. Leur pépiement cristallin me charme, leurs gestes graciles montrent tour à tour une branche, un tronc, le soleil si bas maintenant... et puis soudain, moi ! Je me fige, rougis de mon attitude au fond voyeuriste et finis par sourire face à leur hilarante réaction. Je dois avoir bien drôle allure pour qu'elles rient autant, en tout cas, pas effrayées pour un sou, elles s'envolent en tourbillon et viennent faire des grimaces juste sous mon nez avant de repartir vers le couchant alors que je reprends mes esprits.

Froid s'enroule autour de moi, nuit envahit le ciel,
les petites fées parties, un vide m'envahit.


Puis peu à peu sous la voûte étoilée germe au creux de mon cœur la graine de merveille semée par cette rencontre sans pareille...
  

Publié dans Nature

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France 09/02/2009 13:29

Par un bel après-midi avec mon amie qui devait nettoyer sa bouler de cristal, nous sommes allées dans une petite forêt . Nous avons choisi un endroit avec un immense pin et nous nous sommes installées, le dos bien calé au pin. Ça faisait quelques minutes que j'avais les yeux fermés, écoutant le silence quand j'ai senti le coude de mon amie sur moi; je lui jette un oeil (doux quand même!) et elle a le doigt sur sa bouche et là, je vois quelque chose bouger.Monsieur le Gnôme qui faisait le ménage de sa Nature! Il avait l'air soucieux mais joyeux, très affairé à nettoyer chaque feuille de chaques fugères.  À cette époque, ils commençaient à être débordés de travail avec notre pollution. Imaginez aujourd'hui... Nous l'avons observé une bonne vingtaine de minutes jusqu'à ce que mon chien Victor revienne de sa trotte....je te renvoie ta grimace coquine... À+

Lucie Trellu 09/02/2009 13:48



En voilà une bien belle histoire ! Tu ne mets pas le lien vers ton blog ? J'irai bien te lire pour en savoir plus...



France 08/02/2009 04:41

AH! C'est drôle, je passe tout à fait par hazard sur ce mignon site et je vois un article sur une rencontre avec les fées. Génial. Ç'est rafraîchissant pour l'intérieur. Merci pour la belle histoire toute poétique avant d'aller dormir...

Lucie Trellu 09/02/2009 09:29



Je t'en prie France ! Et merci à toi de ton passage... Les petites fées rafraichissantes te saluent bien bas, et les lutins malins te font des grimaces
sylvestres...



Valentine :0056: 06/02/2009 21:21

C'est génial... Je relève des formules qui me ravissent, comme "De l'immobilité naît le silence, et du silence la patience" ou "le froid s'installe à mes côtés et se joue de ma laine colorée"... Et puis cette plongée dans le merveilleux, merveilleux à peine imaginaire puisque ressenti quelque part en vérité, si bien qu'on y croit, vraiment. Oh ! Il est vrai que ces petites fées sont quelque peu empruntées au modèle de "Clochette", la fée de Peter Pan.Par contre, ennuyeux : dans un ensemble prestigieux, parfaitement bien écrit, une fote d'ortaugrafe m'écorche les yeux... Je me dis que c'est une erreur de frappe ; et hop, elle est répétée plus bas une fois, deux fois... C'en est trop !! Il faut donc que je te la révèle : à la première personne du singulier, les verbes du 2e groupe s'écrivent "IS" -> donc "je m'accroupis", "je rougis", et "je finis" ... Tu ne savais pas ????

Lucie Trellu 06/02/2009 21:47



Merci Valentine, de ton appréciation si fine ! Et désolée pour les fautes, en fait, j'ai l'habitude d'écrire à la troisième personne (comme pour la Passeuse), et
je ne me suis pas relue... J'ai posté ce texte à la va-vite, sur l'inspiration du moment... Promis, la prochaine fois, je prendrai le temps de me relire avant de poster, pour éviter de t'écorcher
les yeux ! Parce que c'est vrai que de telles bourdes ne me ressemblent pas... Bonne soirée...



Lud 06/02/2009 20:37

En voyant la photo, j'hésitais entre reste de motte castrale et tumulus préhistorique.En lisant ton petit texte, mes certitudes se sont ébranlées. A ma prochaine ballade en forêt je serai plus attentif.

Lucie Trellu 06/02/2009 21:44



Elles sont espiègles et furtives, les petites fées ! Mais quand on écoute son intuition, on peut les apercevoir du coin de l'oeil... Merci de ton passage Lud, et
bonne soirée !



Lyriann Alkinoos 06/02/2009 18:13

Te laisse pas trop charmer, sinon tu pourrais ne jamais revenir my love !

Lucie Trellu 06/02/2009 21:42



Disons que je ne reviens jamais vraiment la même... Mais est-ce vraiment gênant ?