Mercredi 16 avril 2008
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11:34
Doucement part la ligne vers l'horizon,
doucement souffle la couleur, enrobe les contours et dissimule les traits.
Tendrement glisse le pinceau, tendrement
marque la craie, dépose les pigments et révèle le grain.
Peint ou dessine, eau ou matière, sur la toile
ou sur la feuille ; un monde se révèle quelle que soit la voie choisie par le créateur.
Merci
Lyriann.
Par Lucie Trellu
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Mercredi 28 novembre 2007
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11:12
Ecrire sans but, comme on se promène en flanant parmi les
arbres.
Ecrire comme on respire, parce que c'est vital.
Ecrire en riant, en souriant, en soupirant, en pleurant. Ecrire sur
tous les tons.
Ecrire dès qu'on le peut, comme un besoin irrépressible, comme une
drogue.
Je suis accro aux mots, dépendante de cet acte mystérieux qui transforme des
signes en sens.
Mais quelle douce drogue que celle-ci, et ô combien bon marché
!
Par Lucie Trellu
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Mardi 27 novembre 2007
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11:07
Danse des neurones dans le ciel de ma tête, les idées s'entrechoquent.
Frappent de leurs petits poings rageurs les limites de mes capacités. Lueurs tournantes, fondantes dans le magma des envisagées, possibles qui s'enivrent d'une étincelle de réel, que ne
donnerait pas une inspiration pour s'incarner ? L'artiste est le siège d'une âpre lutte pour la vie des illuminations et rêves, des envies et intuitions, tous réduits au même état de potentiel
tant que la chair ne les afranchira pas de leur inconsistance persistante. Quel sort cruel pour un intangible que de dépendre du plus matériel pour son existence !
A moins que ce ne soit une illusion, que le désir d'exister soit le signe
même de la chute irrémédiable et prochaine de ces êtres subtils ? Croire que l'on a besoin de la substance pour être, que laisser une trace est d'importance, est sans doute la pire prison qui
soit.
Ainsi en est-il des Nephilim et de l'incarnation : sans doute leur peur de la
dissolution est-elle la seule source de la nécessité du simulacre, corps d'accueil et prison de la chair, peut-être les Déchus ont-ils pris goût à la vie matérielle et à la recherche du passé
au point de craindre inconsciemment de retourner à leur état immatériel originel, où seuls les champs magiques baignaient leur être ? Leur désir si manifestement affirmé n'est-il pas finalement
leur crainte la plus subtile ?
Par Lucie Trellu
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