La butte aux fées

Au détour d'un sentier, sur l'épaulement d'une colline, voici que j'aperçois un monticule niché entre les arbres. Tas de pierres parsemées de feuilles mortes et de mousse, petit univers zébré d'ombres sylvestres en cette fin d'après-midi. Il m'intrigue, me lance comme un appel. Je m'approche, m'arrête, m'accroupis et observe.
Je ne la quitte pas des yeux, fascinée, me gardant bien de bouger ne serait-ce qu'un cil, et bientôt, tout aussi furtive, une deuxième suit, puis une troisième. De loin je ne les distingue pas nettement et pourtant leur beauté et la fraîcheur de leurs traits tranche sur le fond automnal de la scène. Trio émissaire du printemps à venir, elles commentent sans doute la force intérieure des premiers bourgeons, confortablement assises sur leur divan de mousse. Leur pépiement cristallin me charme, leurs gestes graciles montrent tour à tour une branche, un tronc, le soleil si bas maintenant... et puis soudain, moi ! Je me fige, rougis de mon attitude au fond voyeuriste et finis par sourire face à leur hilarante réaction. Je dois avoir bien drôle allure pour qu'elles rient autant, en tout cas, pas effrayées pour un sou, elles s'envolent en tourbillon et viennent faire des grimaces juste sous mon nez avant de repartir vers le couchant alors que je reprends mes esprits.
De l'immobilité naît le silence, et du silence, la patience.
Les ombres s'allongent, le froid s'installe à mes côtés et se joue de ma laine colorée. Et puis enfin, récompense de mon attente, un mouvement furtif derrière un tronc, au pied de la butte. Bruissements, murmures étouffés, une petite silhouette gracile chemine de mousse en feuilles, évitant soigneusement les pierres, certainement glacées.Je ne la quitte pas des yeux, fascinée, me gardant bien de bouger ne serait-ce qu'un cil, et bientôt, tout aussi furtive, une deuxième suit, puis une troisième. De loin je ne les distingue pas nettement et pourtant leur beauté et la fraîcheur de leurs traits tranche sur le fond automnal de la scène. Trio émissaire du printemps à venir, elles commentent sans doute la force intérieure des premiers bourgeons, confortablement assises sur leur divan de mousse. Leur pépiement cristallin me charme, leurs gestes graciles montrent tour à tour une branche, un tronc, le soleil si bas maintenant... et puis soudain, moi ! Je me fige, rougis de mon attitude au fond voyeuriste et finis par sourire face à leur hilarante réaction. Je dois avoir bien drôle allure pour qu'elles rient autant, en tout cas, pas effrayées pour un sou, elles s'envolent en tourbillon et viennent faire des grimaces juste sous mon nez avant de repartir vers le couchant alors que je reprends mes esprits.
Froid s'enroule autour de moi, nuit envahit le ciel,
les petites fées parties, un vide m'envahit.
Puis peu à peu sous la voûte étoilée germe au creux de mon cœur la graine de merveille semée par cette rencontre sans pareille...les petites fées parties, un vide m'envahit.
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