La Société celtique, de Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h
J'ai terminé hier cet ouvrage qui fait suite à La Civilisation celtique, des mêmes auteurs, et j'en sors l'esprit bouillonnant de tripartition...

Les auteurs travaillent depuis longtemps ensemble. Françoise Le Roux est spécialiste de l'histoire des religions et Christian-J. Guyonvarc'h professeur honoraire de celtique de l'université de Rennes 2.
L'ouvrage date de 1991 et est paru aux éditions Ouest-France.
Voici ce qu'en dit la quatrième de couverture :
Après la description des druides et celle de l'ensemble de la civilisation, les auteurs traitent de la société celtique, non pas dans le détail de descriptions qu'un seul livre aurait de la peine à contenir, mais dans le principe de son organisation et de son fonctionnement, c'est-à-dire dans le cadre d'une idéologie traditionnelle et religieuse, ternaire et trifonctionnelle indo-européenne, qui règle et équilibre les capacités et les compétences de chacun : druides qui administrent le sacré ; guerriers, détenteurs d'une force brutale canalisée et commandée par le roi pour la défense et la tranquilité de tous ; artisans et producteurs qui procurent à la communauté le moyen de subsister.
Ce sont les fondements et les articulations des trois classe indo-européennes, sacerdotale, guerrière et productrice, dans leur stricte définition "dumézilienne", qui sont ici examinés minutieusement, du point de vue celtique, par référence et par comparaison à l'archétype indien raidi et durci en castes étanches et définitives.
Il en ressort l'existence d'une société celtique des hommes et des dieux, non pas primitive ou embryonnaire, grossière et cruelle, telle qu'on s'est souvent plu à le décrire, mais au contraire parfaitement équilibrée, dans laquelle l'autorité spirituelle du druide et le pouvoir temporel du roi favorisent la coexistence et la pratique d'innombrables techniques, intellectuelles et artisanales. Les brillantes réalisations de la civilisation celtique que nous découvrent les archéologues n'ont pas d'autres causes.
Sommaire :
Introduction : Société celtique et idéologie tripartie indo-européenne
Chapitre 1 : Les insuffisances de la recherche contemporaine
Chapitre 2 : Classes et fonctions
Chapitre 3 : La société divine, base de la société humaine
Chapitre 4 : Quelques applications de l'idéologie triparties dans la société celtique
Deux idées développées m'ont particulièrement frappée.
D'une part le fait que "l'idéologie des trois fonctions est religieuse et elle n'est sociale que par une conséquence inévitable de sa nature religieuse", corollaire du fait que la société divine est le modèle obligé, du moins en matière celtique, de la société humaine. Cela vient s'ajouter au fait que l'autorité spirituelle des druides est supérieure au pouvoir temporel des rois pour renforcer la cohérence d'une société basée sur le spirituel et le religieux, là où les romains, notamment, ont développé une société basée sur le politique et le militaire, type de société qui a fondé notre modèle actuel, malheureusement...
D'autre part, le fait que "le monde celtique ne s'explique pas par l'histoire". L'anhistoricisme du mythe celtique est une donnée fondamentale pour comprendre la société celtique et surtout le mythe lui-même. Chercher à le replacer dans une chronologie est un non-sens qui a longtemps brouillé la vision des historiens (de la société humaine ou du langage). Le temps en matière celtique est cyclique, c'est-à-dire qu'il s'élève en spirale, là où le temps chrétien, par exemple, est linéaire, allant de la Création à l'Apocalypse. Il est donc important de plonger son esprit dans cette dynamique spiralaire avant de s'intéresser au mythe et à la spiritualité celtique...
Voici ce qui me revient maintenant de cette riche lecture, au-delà de toutes les précieuses informations sur la tripartition dans le domaine celtique, cœur de cet ouvrage remarquable.

Les auteurs travaillent depuis longtemps ensemble. Françoise Le Roux est spécialiste de l'histoire des religions et Christian-J. Guyonvarc'h professeur honoraire de celtique de l'université de Rennes 2.
L'ouvrage date de 1991 et est paru aux éditions Ouest-France.
Voici ce qu'en dit la quatrième de couverture :
Après la description des druides et celle de l'ensemble de la civilisation, les auteurs traitent de la société celtique, non pas dans le détail de descriptions qu'un seul livre aurait de la peine à contenir, mais dans le principe de son organisation et de son fonctionnement, c'est-à-dire dans le cadre d'une idéologie traditionnelle et religieuse, ternaire et trifonctionnelle indo-européenne, qui règle et équilibre les capacités et les compétences de chacun : druides qui administrent le sacré ; guerriers, détenteurs d'une force brutale canalisée et commandée par le roi pour la défense et la tranquilité de tous ; artisans et producteurs qui procurent à la communauté le moyen de subsister.
Ce sont les fondements et les articulations des trois classe indo-européennes, sacerdotale, guerrière et productrice, dans leur stricte définition "dumézilienne", qui sont ici examinés minutieusement, du point de vue celtique, par référence et par comparaison à l'archétype indien raidi et durci en castes étanches et définitives.
Il en ressort l'existence d'une société celtique des hommes et des dieux, non pas primitive ou embryonnaire, grossière et cruelle, telle qu'on s'est souvent plu à le décrire, mais au contraire parfaitement équilibrée, dans laquelle l'autorité spirituelle du druide et le pouvoir temporel du roi favorisent la coexistence et la pratique d'innombrables techniques, intellectuelles et artisanales. Les brillantes réalisations de la civilisation celtique que nous découvrent les archéologues n'ont pas d'autres causes.
Sommaire :
Introduction : Société celtique et idéologie tripartie indo-européenne
Chapitre 1 : Les insuffisances de la recherche contemporaine
Chapitre 2 : Classes et fonctions
Chapitre 3 : La société divine, base de la société humaine
Chapitre 4 : Quelques applications de l'idéologie triparties dans la société celtique
Deux idées développées m'ont particulièrement frappée.
D'une part le fait que "l'idéologie des trois fonctions est religieuse et elle n'est sociale que par une conséquence inévitable de sa nature religieuse", corollaire du fait que la société divine est le modèle obligé, du moins en matière celtique, de la société humaine. Cela vient s'ajouter au fait que l'autorité spirituelle des druides est supérieure au pouvoir temporel des rois pour renforcer la cohérence d'une société basée sur le spirituel et le religieux, là où les romains, notamment, ont développé une société basée sur le politique et le militaire, type de société qui a fondé notre modèle actuel, malheureusement...
D'autre part, le fait que "le monde celtique ne s'explique pas par l'histoire". L'anhistoricisme du mythe celtique est une donnée fondamentale pour comprendre la société celtique et surtout le mythe lui-même. Chercher à le replacer dans une chronologie est un non-sens qui a longtemps brouillé la vision des historiens (de la société humaine ou du langage). Le temps en matière celtique est cyclique, c'est-à-dire qu'il s'élève en spirale, là où le temps chrétien, par exemple, est linéaire, allant de la Création à l'Apocalypse. Il est donc important de plonger son esprit dans cette dynamique spiralaire avant de s'intéresser au mythe et à la spiritualité celtique...
Voici ce qui me revient maintenant de cette riche lecture, au-delà de toutes les précieuses informations sur la tripartition dans le domaine celtique, cœur de cet ouvrage remarquable.
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