La source
Elle a marché longtemps, suivant le fil ténu d'un chatoiement particulier dans la végétation, qui venait comme chatouiller son âme. La forêt l'a accueillie, a guidé ses pas, ajoutant à la souplesse d'une branche devant son torse, aplanissant une racine traîtresse, agrandissant l'espace séparant deux ronciers. Intriguée par ce jeu de piste, elle vient de ramper sous les branches basses, aux feuilles rondes, d'un grand houx, et se relève dans une clairière ovale, traversée de part en part par le cours limpide d'une rivière dont les murmures lui sont familiers.
Elle se trouve au pied d'une petite élévation de terrain, et l'eau tombe entre deux gros rochers dans une petite retenue circulaire empierrée et bordée de mousse. La lumière du soleil à travers les branches en surplomb fait danser sur la surface de l'eau des reflets miroitants, l'air est presque immobile, la température clémente. Le seul bruit perceptible est le glouglou de la petite cascade. L'endroit est un écrin de calme féerique.
Par curiosité, elle contourne le rocher à sa droite pour observer l'endroit où la rivière entre dans la pierre, foulant avec légèreté l'herbe d'un vert sombre. Et là, surprise, point d'eau, nul courant en amont. Elle saisit alors toute l'importance de l'endroit, et la retenue dont fait preuve la nature en ce lieu d'enfantement. Elle s'avance sur la roche, au-dessus du petit lac tranquille, et s'assied, goûtant la fraicheur de la pierre qui monte en elle, les yeux fermés pour ne pas risquer de croiser son reflet sur le miroir d'eau. Elle connaît les risques aujourd'hui, et sachant la journée bien avancée, prône la prudence pour ne pas se perdre alors que le temps n'est pas venu. Elle n'a pas été appelée pour passer cette porte, pas encore, mais pour la découvrir, l'apprivoiser.
Une fois son corps refroidi, elle se laisse glisser le long du rocher et s'immerge dans l'eau glacé avec un frisson de plaisir. Puis elle se retourne et une fois ses yeux à hauteur du son de la source jaillissante, elle rouvre son regard à ce spectacle ravissant, emplit ses mains en coupe de l'onde naissante, et boit comme un nectar le fluide de vie. Enfin, elle s'allonge et s'immerge pour un long moment, bercée d'eau vive à l'intérieur comme à l'extérieur. Nettoyée, purifiée, elle quitte alors rapidement la clairière, sans un regard en arrière, laissant comme un sentier de pas mouillés.
Elle se trouve au pied d'une petite élévation de terrain, et l'eau tombe entre deux gros rochers dans une petite retenue circulaire empierrée et bordée de mousse. La lumière du soleil à travers les branches en surplomb fait danser sur la surface de l'eau des reflets miroitants, l'air est presque immobile, la température clémente. Le seul bruit perceptible est le glouglou de la petite cascade. L'endroit est un écrin de calme féerique.
Par curiosité, elle contourne le rocher à sa droite pour observer l'endroit où la rivière entre dans la pierre, foulant avec légèreté l'herbe d'un vert sombre. Et là, surprise, point d'eau, nul courant en amont. Elle saisit alors toute l'importance de l'endroit, et la retenue dont fait preuve la nature en ce lieu d'enfantement. Elle s'avance sur la roche, au-dessus du petit lac tranquille, et s'assied, goûtant la fraicheur de la pierre qui monte en elle, les yeux fermés pour ne pas risquer de croiser son reflet sur le miroir d'eau. Elle connaît les risques aujourd'hui, et sachant la journée bien avancée, prône la prudence pour ne pas se perdre alors que le temps n'est pas venu. Elle n'a pas été appelée pour passer cette porte, pas encore, mais pour la découvrir, l'apprivoiser.
Une fois son corps refroidi, elle se laisse glisser le long du rocher et s'immerge dans l'eau glacé avec un frisson de plaisir. Puis elle se retourne et une fois ses yeux à hauteur du son de la source jaillissante, elle rouvre son regard à ce spectacle ravissant, emplit ses mains en coupe de l'onde naissante, et boit comme un nectar le fluide de vie. Enfin, elle s'allonge et s'immerge pour un long moment, bercée d'eau vive à l'intérieur comme à l'extérieur. Nettoyée, purifiée, elle quitte alors rapidement la clairière, sans un regard en arrière, laissant comme un sentier de pas mouillés.
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