Dissolution dans la brume
Pas après pas, la piste s'enfonce dans la forêt, sinue entre les hêtres et émerge enfin sur une prairie en pente douce vers les hauteurs. Déjà perceptible de l'intérieur de la forêt, la brume, élément des dieux, s'étend sur le paysage et masque la vue. On ne peut faire autrement que d'y pénétrer pour continuer son chemin. Elle hésite un instant, puis s'approche, intriguée autant qu'intimidée par cette masse compacte qui laisse malgré tout transparaître la lumière du soleil.
Quelques pas et elle est absorbée par le nuage. Autour d'elle, renvoyée à l'infini de goutelette en goutellette, la lumière est intense sans éblouir. Chaque particule de brume est une larme berçant un arc-en-ciel. Elle ne ressent pas le besoin de s'ancrer, tant la vibration est proche d'elle. La terre ferme s'éclipse sous ses pieds. Sans peur, elle se laisse porter, hypnotisée par une multitude de miroirs.
Au loin, dans la vallée, une faiseuse en quête de joncs croit entendre comme une mélodie. Levant la tête, elle se rend compte que la brume pèse de plus en plus sur les hauteurs et descend en même temps que le soir. Elle s'apprête à rebrousser chemin vers la chaleur du feu de la grande maison, quand il lui semble voir dans les ondulations du nuage comme un visage familier. Elle s'arrête un instant, et se sent soudain le coeur en paix, malgré la nuit tombante, le froid et l'humidité prégnante. Un sourire aux lèvres, elle salue les dieux que la brume, dit-on, masque aux yeux des mortels...
Elle tend la main, laisse errer son regard, goûte l'air.
Matière impalpable, lueur diffuse, humidité aérienne.
Matière impalpable, lueur diffuse, humidité aérienne.
Quelques pas et elle est absorbée par le nuage. Autour d'elle, renvoyée à l'infini de goutelette en goutellette, la lumière est intense sans éblouir. Chaque particule de brume est une larme berçant un arc-en-ciel. Elle ne ressent pas le besoin de s'ancrer, tant la vibration est proche d'elle. La terre ferme s'éclipse sous ses pieds. Sans peur, elle se laisse porter, hypnotisée par une multitude de miroirs.
Dissolution, fragmentation d'écho en reflet.
Elle se fond peu à peu dans le chant de la brume.
Elle se fond peu à peu dans le chant de la brume.
Au loin, dans la vallée, une faiseuse en quête de joncs croit entendre comme une mélodie. Levant la tête, elle se rend compte que la brume pèse de plus en plus sur les hauteurs et descend en même temps que le soir. Elle s'apprête à rebrousser chemin vers la chaleur du feu de la grande maison, quand il lui semble voir dans les ondulations du nuage comme un visage familier. Elle s'arrête un instant, et se sent soudain le coeur en paix, malgré la nuit tombante, le froid et l'humidité prégnante. Un sourire aux lèvres, elle salue les dieux que la brume, dit-on, masque aux yeux des mortels...
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