De l'usage respectif du carnet et du clavier
Première journée de lecture de Harry Potter. Fort heureusement pour moi, je n'ai pas eu le temps d'en lire beaucoup, entre le boulot et le dîner avec les grand-parents en l'honneur de l'arrivée à la maison de Maman et de Gilles (en vacances pour 10 jours hors de son fournil, un exploit à saluer !), accompagné de Loïc, de passage à Paris pour boulot et qui a profité du voyage en voiture.
Au début, j'essaie toujours de faire durer le plaisir, mais généralement, plus je progresse dans l'intrigue et moins je parviens à décrocher. Le livre est par définition un plaisir éphémère ! Grand drame du lecteur face à la dernière page, un peu l'égal de l'angoisse de l'écrivain face à la première, la blanche, celle qui enchante et qui pétrifie tout à la fois...
Aujourd'hui pour moi c'est plutôt l'écran blanc, et je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve ça nettement moins intimidant. Sans doute parce que si on démarre mollement, on peut toujours éliminer le début et ne conserver que la partie la plus inspirée sans faire de grosses ratures, qui mettent un peu en face de ces aléas du processus de création qu'on essaie d'oublier pour ne conserver que le diamant final. Ceci dit, j'ai toujours un faible pour les carnets et l'écriture manuscrite, mais j'y couche alors davantage des "pensées fugaces" qui, soigneusement pesées, m'exposent peu à la rature et favorisent le premier jet réussi. Et je dois bien reconnaître que pour ces écrits qui se construisent au fil des versions, par strates successives, je préfère désormais la fluidité de l'ordinateur, cette souplesse de modelage des mots qu'offre le duo clavier/écran... A chaque recette ses ustensiles...